1 mai 2011

UN PROTECTEUR


C'est sous ce titre que Le Petit Journal du 11 février 1893, dans son supplément illustré, publiait l'image ci-dessus. À l'époque, les Français raillaient leurs rivaux britanniques qui venaient de s'emparer de l'Égypte en se posant comme son "protecteur". L'image garde aujourd'hui toute sa signification, étendue à la situation de tous les "protégés" arabes de l'impérialisme. Notez les postures et relevez bien la position quasi affectueuse du "protégé" dans son bel uniforme et son épée aussi dérisoire qu'inutilisable.

4 commentaires:

loul a dit…

mais avec le casque à pointe??? ça ne peut être un anglais!!! c'est un allemand!

Hédi Dhoukar a dit…

@ loul
Bonne remarque. Une rapide recherche sur Google n'a pas donné de résultats. Le casque ressemble à celui d'un soldat de l'armée prussienne. Il faut peut-être mettre cet éventuelle erreur sur le compte du caricaturiste (les Britanniques comme le Prussiens étaient les ennemis jurés des Français). Il ne fait pas de doutes, en tout cas, que c'est bien un soldat anglais qui est représenté. Je vous cite un passage du commentaire accompagnant l'illustration: "Les événements qui s'accomplissent aujourd'hui en
Égypte ont inspiré à notre dessinateur une allégorie dont le sens est facile à saisir. On connaît les procédés des Anglais. Une île, une contrée leur convient, ils s'y installent et la déclarent possession britannique. Les autres nations protestent ou ne protestent pas. Dans ce dernier cas, la chose va toute seule. Dans le premier, on agit autrement, mais le résultat est le même.

loul a dit…

Un grand merci pour cette réponse rapide. J'en étais arrivée à la même conclusion mais sans en être sûre. Le commentaire accompagnant l'illustration remet les choses en place.
En effet je voulais une "preuve scientifique" car je présente mardi un exposé sur les mouvements indépendantistes arabes et le cas de l'Egypte dans le cadre d'un cours d'histoire comparée des colonisation à l'Université Libre de Bruxelles. Grâce à votre réponse je vais pouvoir utiliser cette illustration (dans un but pédagogique). Donc encore un grand merci et soit dit en passant votre blog m'a beaucoup intéressée!

Hédi Dhoukar a dit…

Dans ce cas, je me dois de vous communiquer la suite de l'article susceptible de clarifier la situation historique :… "Ou le réclamant est faible, l'Angleterre alors fait la sourde oreille. Ou il est puissant; dans ce cas le Foreign Office (en italiques) proteste hypocritement de sa bonne foi, il n'est pas venu conquérir mais protéger (en italiques), ce qui n'est pas la même chose; le pays où il tient garnison à si grands frais et avec un si vif désintéressement avait besoin qu'on le défendit.
Pareille à ces mendiantes qui pincent sournoisement les pauvres petits qu'elle tiennent dans leurs bras afin de les faire crier et d'exciter ainsi la charité des passants, la douce Albion suscite des révoltes pour rire et s'écrie:
—Vous voyez bien que nous ne pouvons laisser ces malheureux livrés à eux-mêmes. Seigneur, que deviendraient-ils sans nous!
Et les choses traînent si bien que, de guerre lasse, ceux qui réclamaient finissent par accepter le fait accompli. C'est ce qui s'est passé en Égypte où l'Angleterre à si gros intérêts à avoir la haute main sur tout. Elle a proposé à la France de venir avec elle au moment où elle savait bien la chose impossible. Puis, après avoir juré qu'il ne s'agissait que d'une occupation de quelques jours, elle s'est définitivement installée"….