15 novembre 2012

QUI T'AS FAIT ROI ?

D’ordinaire, même dans les situations politiques les plus opaques, un parti politique, un groupement d’intérêts (syndicats, ou autres), une association religieuse ou tout rassemblement, obéit à des règles sociologiques et dispose d’une légitimité historique, politique, sociale, culturelle, ou autre. Mais il est surtout géographiquement enraciné au sein d’une société dont il est un représentant institutionnel, reconnu ou non. Par ailleurs, quelle que soit la formation en question, sa direction émane d’un vote ou d’un consensus qui lui confère à la fois sa crédibilité, sa fiabilité et sa capacité d’agir et d'être obéie. En ayant dans l’esprit ces données élémentaires, que penser du groupement qui vient de naître à Doha sous l’appellation pompeuse de « Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution » ?

 

Naissance sous ultimatum

Les personnalités signataires de la plateforme de ladite « coalition », l’ont fait sous la menace de ne pas pouvoir quitter la salle de réunion où elles avaient été conviées avant de parapher l'accord. L’auteur de l’ultimatum, leur hôte richissime, est un « émir » qui ne connaît comme révolution que la contre-révolution, qui ignore ce que « national » veut dire et qui embastille ou liquide toute « opposition ». Qui plus est, cette « coalition » de personnes est née parce que le souverain étatsunien a décidé que le CNS (« conseil national syrien, né à Paris) n’était pas assez représentatif et qu'il fallait lui substituer au plus vite une autre formation. Comment, dans ces conditions, peut-on ressentir le moindre respect pour ces hommes, et cette femme unique, signataires de ce pacte avec le diable dont le premier commandement est : « Avec le régime syrien tu ne négocieras point », et qui se traduit par : « La Syrie tu détruiras et son armée à jamais tu affaibliras ».

Une plante hors-sol

La « coalition » est un rassemblement hétéroclite d’ambitions qui convergent vers un seul objectif : la prise du pouvoir à n’importe quel prix. Ses éléments se soucient comme de leur première chemise du bien de la société syrienne. Cette plante hors-sol, alimentée aux hydrocarbures, ne tient debout qu’appuyée sur ses tuteurs, tellement nombreux, qu’ils en arrivent à la cacher, alors qu’ils voudraient être cachés par elle ! Car il ne faut pas oublier que ce groupement de desperados sert, en dernière analyse, à justifier une intervention étrangère contre la Syrie sur le modèle libyen (dont on connaît les tristes résultats) concoctée en partie  dans les alambics d'Al-Jazeera du Qatar.


Un cocktail infect

Cet assemblage peut être aussi comparé à un cocktail composé à partir du mélange peu savant de divers ingrédients pour obtenir une boisson infecte : un chrétien mâtiné d'un soupçon de communisme, un kurde lambda, quelques « démocrates » perdus (comme du pain perdu), une femme-alibi… et une teneur islamique garantie à plus de 60° arrosée à l'essence salafiste relevée d'un zeste de piment quaïdawi; juste assez pour ne pas tomber raide à la première gorgée !

Une bulle spéculative

Ce mélange détonant et gazeux aux contours indéfinis à la structure floue fait également penser à ces bulles spéculatives qui éclatent épisodiquement dans le ciel des transactions internationales. Sauf qu'il s'agit ici de spéculations et de transactions non pas économiques et financières, mais politiques et stratégiques. On lance des agents-actions labellisés "islamisme modéré", "djihadisme contrôlé", "démocratisme benêt", "patriotisme-baudruche", etc. et on observe le comportement du "marché" arabo-musulman. Le Conseil de coopération du Golfe achète en vrac. La Ligue arabe ne peut pas refuser des actions toxiques étant elle-même devenue une institution virtuelle, et la France est preneuse tant que c'est le Qatar qui paie!

Bref, cette créature du Frankenstein arabe du Qatar ressemble à tout sauf à ce que peut enfanter une société normale comme mouvement politique ou social. Et que dire de sa direction qui n’émane ni d’un consensus, ni d’une élection; qui ne s’impose ni par son autorité politique, ni par le charisme d'un chef, mais qui dépend corps et biens d'une marionnette : l'émir de Doha ?
Une créature dont les parrains veulent détruire la Syrie et qui se taisent —quand ils ne l'applaudissent pas— devant la nouvelle agression barbare de l'armée sioniste contre un camp de concentration à ciel ouvert d'un million et demi de prisonnières et de prisonniers.



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