22 décembre 2012

PROCHE-ORIENT : L'EXPLICATION PAR LE VIDE

L'une des explications avancées pour cerner les problèmes du Proche-Orient et leur trouver un dénominateur commun est celle du "vide stratégique". Dans une région d'une importance vitale pour le monde, elle souligne l'absence de puissances susceptibles d'en garantir la paix et la stabilité qui conditionnent à leur tour la paix et la stabilité mondiales. Ceux qui avancent cet éclairage important omettent généralement d'en désigner les responsables. La Grande-Bretagne, — relayée par les États-Unis d'Amérique au tournant à la fin des années cinquante — a installé l'État d'Israël pour contrôler cette région et pour empêcher la renaissance de l'Égypte, de l'Irak, de l'Iran ou de la Syrie qui furent dans l'histoire d'importants centres de civilisation. Aux côtés d'Israël, les Britanniques ont installé des royaumes bédouins à leur dévotion et qui ne peuvent se passer de leur protection, en Jordanie et dans la péninsule arabe. Ces royaumes tribaux sans profondeur historique et culturelle  jouent également le rôle de chiens de garde chaque fois qu'une puissance régionale menace de se lever  en Iran, en Égypte en Irak ou en Syrie. Cependant, quand les États-Unis ont pris le commandement du "Monde libre" contre le "Pacte de Varsovie", ils ont été contraints de favoriser l'émergence de pouvoirs arabes commandés par des militaires progressistes —Égypte et Libye— ou par des idéologues anticommunistes —Saddam Hussein en Irak et Jaafar Nimeiry au Soudan—, comme ils ont ramené au pouvoir, en Iran, le chah Réza Pahlavi en fomentant un coup d'État  avec les inévitables Britanniques contre le régime de démocratie parlementaire de Mossadegh. L'idéologie anti-impérialiste et les idées progressistes gagnaient en effet du terrain dans un monde arabe fraichement libéré du colonialisme et mobilisé autour du combat du peuple palestinien. Devant cela, ni Israël, ni des royaumes de pacotille ne faisaient le poids pour empêcher l'Union soviétique de tirer profit de cet état d'esprit.

Lorsque Nasser a changé son fusil d'épaule pour se rapprocher des Soviétiques et pour bâtir la puissance égyptienne symbolisée par la construction du Haut barrage d'Assouan, les États-Unis s'opposèrent à son financement. Nasser fut soumis au lent travail de sape des Saoudiens avant d'être finalement terrassé suite à l'agression israélienne de 1967. Anouar el Sadate lui-même, le signataire du traité de paix séparé avec Israël, avait  l'intention déclarée de s'occuper du redressement de l'Égypte, une fois retiré du champ de bataille. Il fut tué par des islamistes vraisemblablement aux ordres de Washington —une information confidentielle parue dans le bimensuel "Afrique-Asie" quelques jours avant l'attentat… l'avait annoncé. La même année, 1981, une tentative d'assassinat de Hafez el-Assad, fomentée par les Frères musulmans, échouait en Syrie.
De son côté, le Chah d'Iran voulant profiter du quadruplement des prix du pétrole consécutif au conflit israélo-arabe d'octobre 1973, chercha à ériger la puissance iranienne qu'il voulait placer dans la continuation de l'Empire perse. Il développa considérablement son armée et sa marine et lança l'industrie nucléaire dans le but d'assurer l'indépendance énergétique du pays. On lâcha alors contre lui Khomeiny dont on se souvient qu'il fut, depuis Neauphles-le-Château en France, la star adulée des médias occidentaux! Enfin, quand Saddam Hussein, après avoir été incité par les Saoudiens et les Occidentaux à livrer une guerre sans merci contre l'Iran, voulut redresser son pays, les Saoudiens et les Koweitiens inondèrent le marché mondial de pétrole, faisant chuter les prix à un niveau insupportable pour un Irak exsangue, lourdement endetté et qui avait besoin de ressources pour se relever. On connaît la suite. Devant l'envie, compréhensible, de Saddam Hussein de s'emparer du Koweit —une ex-province irakienne détachée par la Grande-Bretagne— les États-Unis, par le biais de leur ambassadrice, lui firent comprendre qu'ils le laisseraient faire. Alors, le lion irakien se jeta tête baissée sur la chèvre koweitienne pour être aussitôt abattu par le chasseur états-unien aux aguets.

Si vide de puissance il y a, la responsabilité en incombe donc grandement au camp des amis d'Israël, de la Jordanie et de l'Arabie saoudite. Le deuxième responsable de ce vide de puissance est l'opinion arabe majoritaire qui cultive depuis les Croisades jusqu'à nos jours et en passant par l'ère coloniale, une vision conservatrice repliée sur un Islam perçu comme une identité trans-territoriale pouvant se passer d'États-nations souverains, de modernisation forcément occidentale, voire d'un progrès qui entraîne fatalement  le retrait de l'emprise religieuse. Cette majorité silencieuse a fait le lit des Frères musulmans.

Tony Blair : un leader britannique heureux au Proche-Orient

Iran: divine surprise

L'aventure irakienne, depuis la guerre contre l'Iran jusqu'à l'occupation anglo-saxonne à partir de 2003, en passant par la guerre du Koweit et par un embargo génocidaire de huit ans, passera peut-être dans la postérité comme l'aventure de trop. Celle qui annonce la clôture de toute une époque dominée par l'impérialisme occidental.

En Iran, la révolution conservatrice khomeyniste, après avoir réalisé les espoirs anglo-saxons placés en elle en éliminant impitoyablement la gauche libérale et marxiste,  a pris un nouveau cours depuis l'agression irakienne. Une guerre d'agression longue et meurtrière a permis l'émergence d'une force nouvelle formée par les Pasdarans qui a supplanté le clergé conservateur et l'armée du Chah, tout en restant appuyée sur l'idéologie islamique du premier et en profitant de l'infrastructure militaire de la seconde. Mais sa base sociale est fournie par la classe nouvelle et nombreuse des déshérités, des jeunes qui furent recrutés pour la guerre de défense et y furent aguerris. Ainsi, alors que l'Irak de Saddam Hussein se faisait laminer par les requins du Golfe et par les vautours anglo-saxons, l'Iran allait s'affirmer progressivement comme une puissance régionale incontournable dont le rayonnement, jusqu'au Liban, allait rendre possible la première défaite historique de l'armée israélienne par le Hezbollah en juillet 2006.

Tirant les leçons d'un passé dominé par le rôle néfaste de la Grande-Bretagne et de son relais états-unien, l'Iran a compris que pour assurer efficacement sa défense il lui fallait fabriquer lui-même son armement. Ce qui suppose une véritable révolution copernicienne et passe par le développement scientifique et technique du potentiel économique et humain nécessaires. C'est le tour de force réalisé par la République islamique malgré —et peut-être, à cause— d'un embargo de quarante ans. Le développement technologique spectaculaire de l'Iran s'est fait à la faveur d'une dualité  des Pasdarans, qui tout en étant une armée mobilisée pour la défense de la révolution se sont faits également entrepreneurs et chevaliers d'industrie. Le même phénomène s'est produit au Liban avec le Hezbollah qui évolue au sein du corps social libanais à la manière de l'armée confédérale suisse qui est constituée de citoyens armés et continuellement maintenus sur le pied de guerre. Pasdarans en Iran et Hezbollah au Liban peuvent être considérés comme des créations totalement innovantes. Elles se sont substituées tout à la fois à des États politiquement paralysés et à des armées incapables et inutiles pour relever efficacement le défi des agressions états-uniennes et israéliennes dans la région.

La deuxième conséquence de l'aventure militaire anglo-saxonne en Irak réside dans sa défaite proprement dite, illustrée par le retrait peu glorieux des troupes d'invasion qui auront tout détruit sans avoir rien pu construire, réussissant cependant à être plus inhumains et plus criminels que les hordes mongoles qui détruisirent l'Irak au XIIIème siècle de notre ère en laissant derrière eux des pyramides érigées avec les crânes des Irakiens (1). Les États-Unis ont perdu parce qu'ils n'ont pas atteint leur objectif de "démocratisation" du "Grand Moyen-Orient" que les néoconservateurs voulaient commencer en Irak. L'échec de ce projet a débouché sur un vide dans lequel s'est engouffré la puissance iranienne montante au grand effroi des monarques du Golfe et des dirigeants de l'État d'Israël, qui se mirent à dénoncer en chœur qui le nucléaire iranien qui le danger "chiite". Mais la puissance iranienne n'a pas pris des traits menaçants pour ses voisins. Elle a pragmatiquement tendu une main amicale aux potentats du Golfe qui s'en détournèrent ostensiblement et elle a jeté les ponts d'une communauté économique intégrée comprenant l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Liban. L'amorce d'un marché commun à ces pays a commencé à prendre une telle tournure que la Turquie a été poussée à s'y lancer à son tour avec sa politique de "zéro problème" avec le voisinage. Ses dirigeants ont même commencé à prendre spectaculairement leurs distances à l'égard d'Israël, notamment au sujet du conflit palestinien et  du blocus de Gaza. Là où les Occidentalistes appréhendaient l'émergence d'une puissance dans un pays donné, s'est esquissée l'amorce d'un nouveau grand ensemble, géographiquement, économiquement, culturellement et politiquement intégré. Comment arrêter ce processus?

Le  fameux "printemps arabe" survint sur le modèle des "révolutions colorées" pilotées par le Département d'État et les officines de la CIA qui firent leurs preuves en Géorgie (révolution des roses en 2003),  en Ukraine (révolution orange en 2004),  au Kikizistan (révolution des tulipes en 2005). En application de la doctrine du désordre créateur des néo-conservateurs, les États-Unis jouèrent la carte de l'islamisme politique contre les "dictateurs", sachant avec certitude que là où des élections sont organisées dans le monde arabe, elles profitent directement aux islamistes.

L'étincelle est partie, le 17 décembre 2010 depuis le "laboratoire" tunisien  d'une "révolution du jasmin", où le régime finissant de Ben Ali ne tenait plus qu'à un fil.  La suite est connue avec la révolution Facebook en Égypte, relayée, comme la révolution khomeyniste de 1978, par tous les médias occidentaux. L'affaire libyenne qui s'intègre dans la même dynamique paraît quant à elle obéir à un autre schéma, dans la mesure où la France et la Grande-Bretagne y ont joué un rôle prépondérant après avoir détourné à leur profit la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Tout se passe comme si ces deux ex-puissances coloniales, ayant compris les conséquences du retrait états-unien et du vide de puissance qu'il allait provoquer dans la région, avaient voulu se positionner comme des relais possibles dans leurs anciennes colonies. L'Angleterre disposait de bases militaires dans la Libye des Senoussi avant l'arrivée de Kadhafi au pouvoir, et la France a tout simplement voulu brûler la politesse à l'Italie. Ces deux puissances qui sont à l'origine du charcutage du Proche-Orient ( accords Sykes-Picot et  "foyer juif") ont voulu rééditer le  coup en Syrie, mais la Russie et la Chine, cette fois-ci, ne se laissèrent pas faire.

Vu la facilité avec laquelle sont tombés les régimes de Ben Ali et de Moubarak, Rejeb Tayyip Erdogan, associé à l'aventure libyenne par le biais de l'OTAN, a pu constater que le régime qui n'est pas abattu par les insurrections populaires peut l'être par la force des armes occidentales. Il a été convaincu de l'existence d'une forte détermination néocoloniale  de réinvestir ce monde musulman où la Turquie néo-ottomane rêve aussi de se redéployer. Ses alliés de l'Otan l'ont également assuré que le prochain régime à tomber serait celui de Damas, ce qui mettrait un terme au projet de grand ensemble régional impulsé par l'Iran. Erdogan n'ignore pas par ailleurs la grande hostilité de Qatar  et de ses partenaires du Golfe pour le projet iranien. Il a alors retourné sa politique de bon voisinage avec la Syrie en une politique d'hostilité déclarée au pouvoir syrien.

Normalement, Tayyip Erdogan et son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, ne sont pas censés être aveuglés par les préjugés racistes des dirigeants israéliens et occidentaux et les médias qui les servent pour croire que le pouvoir en Syrie allait tomber facilement, à l'image des régimes tunisien, égyptien et libyen. Les dirigeants des pays non souverains, sans véritable indépendance, ne connaissent pas la capacité de résistance de ceux qui se nourrissent de son goût depuis le biberon! Ils ont négligé le fait que la solidité de l'État syrien, fût-il dirigé par une dictature de fer, réside dans le  discours constant de Damas qui ne cesse de rappeler que ses ennemis en veulent à la Syrie parce qu'elle est la "citadelle arabe de la résistance" face aux projets sionistes et aux complots des alliés régionaux des États-Unis. Plus la guerre internationale déclarée contre la Syrie s'intensifie, plus la vérité de ce discours éclate aux yeux des Syriens qui voient très bien par qui ils sont attaqués et par qui leur pays est en train d'être détruit. Ils peuvent aussi mesurer la cruauté imputée au pouvoir de Damas  à l'aune de la sauvagerie sans nom de leurs assaillants, comme ils peuvent se rappeler, avec un peu de recul, que leurs bourreaux d'aujourd'hui sont ceux-là mêmes qui leur parlaient de démocratie et de droits de l'homme, et que derrière les hordes aux drapeaux noirs se tiennent les pouvoirs serviles de Riyad et de Qatar, ainsi que l'ancien pouvoir mandataire français et son drapeau aux trois étoiles. Ils peuvent être confiants dans le fait que leur État ne dépend pas d'un homme qu'il suffit d'abattre pour que l'édifice s'écroule comme un château de cartes; que sa structure est solidement bâtie autour d'une vision et d'une orientation stratégique. Son armée est motivée parce qu'elle a conscience de servir une patrie et un dessein national,  non un homme, un sectarisme religieux ou un clan maffieux.  De plus, l'armée est la structure la plus avancée de la société syrienne, du fait de sa formation, de son équipement et de son ouverture au monde moderne. Elle amalgame autour d'elle des pans entiers d'une société également cimentée par une orientation laïque garante de l'équilibre entre les ethnies et les confessions. Autant de différences avec l'Égypte, la Tunisie et la Libye! Enfin, la direction syrienne cultive une alliance durable avec la Russie et elle a développé des relations solides avec l'Iran avec laquelle elle est liée par un traité de défense commune. En Irak et au Liban, elle compte des partisans déterminés  et des alliés convaincus. De sorte que, si jamais l'État syrien vient à être réellement menacé, l'embrasement de toute la région est assuré.

Confronté aux conséquences de son erreur de jugement, Tayyip Erdogan, qui a déjà transformé la Turquie en boulevard du djihadisme international abondamment alimenté par les armes et les pétrodollars, ne pouvait plus reculer. D'autant que les services spéciaux des États-Unis, de France et de Grande-Bretagne sont sur place, opérant en soutien aux fanatiques salafistes, sinon aux bataillons d'Al-Qaïda. Empétré jusqu'au cou, il ne lui restait plus qu'à reconnaître son échec et à passer la main à l'Alliance atlantique par le biais de sa demande d'installation des missiles Patriot aux frontières avec la Syrie.

La Turquie et ses fantasmes néo-ottomans passent au second plan et l'OTAN entre en première ligne avec le même projet de gouverner la région par l'intermédiaire des Frères musulmans. Le pas franchi par Ankara est d'une extrême gravité comme le fit comprendre la réaction iranienne et l'annulation d'une visite que devait entreprendre le président Ahmadinedjad en Turquie. Téhéran comprend le geste turc comme une déclaration de guerre dans la mesure où les Patriots, une fois installés, auront des retombées directes sur la défense de l'Iran et peuvent d'ores et déjà être compris comme une participation à la défense du territoire israélien. C'est une politique d'une grande perfidie vis-à-vis des Iraniens qui comptaient, bon gré mal gré, poursuivre leurs bonnes relations avec la Turquie. Ils voient cette dernière se dérober pour se cacher derrière une Alliance atlantique à tête multiples.


L'OTAN est un bloc idéologique et militaire. Sa cible première reste la cible principale : la Russie de Vladimir Poutine. La bataille diplomatique amorcée contre la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU à propos de la question syrienne ayant pitoyablement échoué, et le pari de faire tomber Bachar Al-Assad en s'appuyant sur la "Ligue" dite arabe et sur les Frères dits "musulmans" ayant pris la même tournure, faut-il passer à une confrontation sur le terrain avec la Russie ? La décision d'implanter les Patriots en Turquie semble y mener comme l'a signifié la réponse russe avec l'installation de missiles Iskander en Syrie et l'arrivée d'unités de sa marine de guerre en Méditerranée orientale.
Autour d'un vide stratégique proche-oriental à l'intersections des mers et des continents, la tension atteint une masse critique. On a désormais un camp sunnite emmené par des régimes serviles et des islamistes fanatisés soutenus par l'OTAN, et un camp de la résistance au projet atlantiste qui comprend des États souverains adossés à la puissance russe, avec le soutien de la Chine, du Brésil et de l'Inde.
Serguei Lavrov, voulant souligner la gravité de l'installation des Patriots en Turquie, a rappelé cette remarque d'Anton Tchekov :  lorsqu'au début d'une pièce on voit un pistolet sur la table, on peut être sûr qu'il sera utilisé. L'homme n'est pas porté sur la dramatisation, mais il affaire à une coalition dont presque tous les membres sont au bord de l'hystérie.


    


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(1) Lire à ce sujet un article de Georges Stanéchy, à glacer le sang,  Noël : les enfants de Fallouja


2 commentaires:

Georges Stanechy a dit…

Cher Hédi,

Bravo pour votre analyse d’un contexte et d’une évolution géopolitiques aussi complexes ! Véritable concentré de pertinence, charpenté par une démonstration limpide. Crevant, avec aisance, la bulle de l’analphabétisme historique, ou du mensonge propagandiste, de nos "experts médiatiques" …

Il est, effectivement, important de rappeler le rôle des puissances occidentales dans le renversement du Shah d’Iran, devenu dans son pays aussi impopulaire que l’était Moubarak en Egypte. Tant la corruption était accablante, et la répression féroce (avec l’atroce police secrète qu’était la SAVAK, formée et encadrée par les "spécialistes occidentaux"…).

Les occidentaux ont joué "la carte Khomeiny", pensant mettre en place, derrière cet écran, lieurs polichinelles affairistes avec les responsables de l’armée. Suivant le modèle qui semble réussir en Egypte, actuellement. Et, qu’ils s’acharnent à vouloir imposer en Syrie. Mais, il arrive que les apprentis-sorciers échouent dans leurs projets…

La fulgurante progression de l’Iran dans l’autonomie scientifique et technique est une excellente illustration de ces calculs coloniaux stupides, dès lors que la volonté de souveraineté nationale structure le corps social.

Rien qu’en termes de défense nationale, les "sanctions" offrent à l’Iran un double avantage :

i) de substantielles économies : les contrats d’armement étant une source de corruption essentielle dans les "sphères politiques" occidentales, sont généralement surfacturés de 50 à 200 % (voire davantage suivant les matériels…)

ii) une imperméabilité quasi-totale, par rapport aux agresseurs potentiels, dans la maitrise de leurs moyens militaires.
En Libye, les occidentaux se sont "baladés", écrasant tout ce qu'ils pouvaient en toute impunité, qu'après avoir facilement neutralisé au préalable tous les systèmes d’alerte (radars) et de riposte antiaériens : ils avaient vendus tous ces matériels dont ils connaissaient les spécificités techniques dans les moindres détails, allant jusqu’à paralyser les logiciels de fonctionnement…

Amitiés

Hédi Dhoukar a dit…

Merci, cher Georges pour ce commentaire qui enrichit et amplifie mon article notamment sur l'Iran. Sur l'Égypte, je pense que les choses sont plus complexes et je compte y revenir. Quoi que l'on puise penser de la nouvelle direction, elle ne dépend plus en effet du soutien exclusif de l'Occident et dispose de la légitimité issue des urnes. C'est un fait nouveau non négligeable et un levier important. Le tout est de savoir de quelle façon il va être utilisé.
Amitiés à vous et mes meilleurs vœux.