10 décembre 2012

TENDANCES FASCISTES EN TUNISIE

Le 4 décembre dernier, la veille du soixantième anniversaire de l'assassinat en 1955 du leader syndical Farhat Hached par un groupuscule colonial lié aux ervices secrets du Protectorat français, il y avait foule place Mohammed Ali, siège central  de  l'UGTT, l'Union générale des travailleurs de Tunisie. La centrale syndicale commémorait ce jour-là le souvenir de son fondateur, en 1946, qui est également une haute figure de l'histoire du mouvement national tunisien de libération. Aucune controverse n'entache en effet le parcours de Farhat Hached. On ne lui connait pas un seul mot de travers, mais le titre d'un article fameux paru à la Une du journal du syndicat : "Je t'aime, Ô peuple"!
Ce n'étaient pas des mots en l'air. Le peuple dont il parlait à l'époque et qui bouillonnait intérieurement comme un volcan, était celui des forçats de la colonisation, les déshérités, les réprouvés, les humiliés. Il ressemblait comme deux gouttes d'eau à celui qui s'est soulevé en décembre 2011 après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi. Il y a ainsi des moments ou le passé et le présent d'un pays se télescopent.
Logo de l'UGTT

Le 4 décembre dernier, les syndicalistes et la foule amassée autour du siège de l'UGTT ont été attaqués par des centaines d'hommes armés de gourdins et d'armes contondantes, causant de nombreux blessés. Les assaillants sont les autoproclamés "gardiens de la révolution";  des groupes militarisés d'Ennahdha, protégés et défendus en tout cas par la formation islamiste.
Ces milices ont tué à Tataouine, le mois dernier dans le sud du pays,  le responsable syndical Lotfi Naghdi, coupable de s'être rallié à "Nidaa Tounes", une coalition opposée à Ennahdha, et la seule en mesure de lui faire vraiment contrepoids.

Ces milices ont fait leur première apparition à l'occasion d'un autre évènement national: la manifestation pacifique du  9 avril 2012 en souvenir de la marche nationaliste réprimée dans le sang par les autorités coloniales, le 9 avril 1938.
Cette année, la commémoration devait revêtir les allures d'une fête célébrant la fin de la dictature. C'était compter sans le gouvernement et les islamistes qui ne voyaient pas d'un bon œil d'autres manifestations que celles de leurs partisans. Les manifestants devaient célébrer, qui plus est, un évènement d'où les islamistes étaient absents, car lié au Néo-Destour d'Habib Bourguiba, le leader qui avait délaissé le soutien des notables liés à la grande mosquée de la Zitouna pour rechercher plus tard celui  de l'UGTT. Nous verrons plus loin l'importance de ces détails. Le 9 avril 2012, Ennahdha n'était donc  pas partie prenante de la commémoration — interdite d'ailleurs par le gouvernement—, mais ses miliciens furent envoyés contre la foule bon enfant  pour transformer la fête en démonstration de leur sauvagerie! Mis en cause, le gouvernement a promis une commission d'enquête qui n'a  jamais vu le jour.

Le 4 décembre 2012 marquera probablement un nouveau tournant dans l'histoire du pays.
L'UGTT qui a été souvent l'objet d'agressions de la part du pouvoir,  n'a jamais été attaquée dans son siège à Tunis et encore moins un jour de recueillement et de consensus autour d'une figure aussi charismatique. Le Secrétaire général  de la centrale  a logiquement pointé du doigt la responsabilité d'Ennahdha, et demandé au  gouvernement de reconnaître sa responsabilité dans l'agression et de dissoudre les milices. Faute de quoi, une grève générale aura lieu le 13 décembre prochain, la veille de la réunion prévue  à Tunis des parrains de la "révolution"  emmenés par  Hillary Clinton.
Le leader syndical  a également conditionné le retrait du mot d'ordre de grève  à la participation d'Ennahdha à une table ronde sur l'avenir du pays aux côtés des autres partis politiques reconnus; sans exclusive.
Pourquoi  cet appel?
La Tunisie traverse une période pleine d'incertitudes. Le gouvernement  élu le 23 octobre 2011 l'a été pour une durée d'un an, tout comme l'Assemblée nationale constituante (Anc) qui n'a pas pour mandat la direction du pays, mais celui d'écrire une Constitution dans le délai d'un an. Après le 23 octobre 2012, plus personne ne dispose en principe de la moindre légitimité politique à l'Anc comme au gouvernement et à la présidence de la république! Placée devant cette situation juridiquement inédite et pleine de périls, l'UGTT avait appelé à une concertation sous son égide de tous les partis politiques pour sortir de l'impasse et pour s'occuper du redressement du pays qui n'en finit pas de sombrer. Mais Ennahdha s'était inscrite aux abonnés absents, sous le prétexte que Nidaa Tounes, une coalition présidée par Béji Caïd Essebsi, — le Premier ministre du gouvernement provisoire qui avait préparé les élections d'octobre 2011—, comportait des membres de l'ancien régime! L'argument était d'autant plus fallacieux que le gouvernement islamiste ne veut pas juger —comme tous les Tunisiens le lui demandent— les complices du régime déchu dans les milieux politiques, ceux de la magistrature et des affaires, comme il ne veut pas accélérer la mise en place d'une justice transitionnelle, préférant soumettre les Tunisiens à la volonté du Prince, en continuant à utiliser  l'appareil sécuritaire du régime de Ben Ali et des juges au comportement douteux pour régler leurs comptes à des universitaires,  des journalistes, des  artistes, des intellectuels indépendants et même à une jeune femme violée par deux policiers contre lesquels elle a eu le culot de porter plainte !

L'agression du 4 décembre porte donc à son paroxysme l'écœurement des Tunisiens victimes d'un pouvoir qui se targue depuis plus d'un an de leur dicter ce qu'ils doivent penser ou comment se vêtir (pour les femmes, en tout cas) à un moment où la Chine s'apprête à cultiver des salades sur la Lune en vue de fournir des vitamines et des sels minéraux à ses futurs navigateurs de l'espace!

Tout cela a de forts relents de fascisme. Cette maladie — la peste brune— ne serait donc pas spécifique à l'Occident honni?

"Croire, obéir, combattre"

Le mouvement fasciste est apparu en Italie en 1919 pour devenir un système politique en 1922, date de la prise du pouvoir par Benito Mussolini.  Dans un contexte qui voyait la montée d'une classe ouvrière combative dans une Europe délabrée par une guerre dont la Russie était sortie avec la Révolution  de 1917, le fascisme était venu pour opposer à l'internationalisme —symbolisé par le slogan : "prolétaires de tous les pays unissez-vous"—, le nationalisme. À la paix, il opposait le militarisme; à l'idéologie communiste, le culte du travail,  celui de la collectivité traditionnelle et l'exaltation des valeurs de la virilité. Cependant, tout comme les communistes, les fascistes voulaient encadrer la jeunesse, infiltrer la société et gouverner en s'appuyant sur "les masses",  concept nouveau à l'époque.

En se propageant rapidement dans tous les pays d'Europe occidentale, le fascisme était apparu comme l'expression d'un refus radical et systématique de l'ordre politique, économique et social qui s'était instauré dans les sociétés occidentales tout au long du XIXe siècle, avec les traits et les attraits d'une modernité libérale, émancipatrice de l'individu à l'égard de l'ordre religieux, tolérante envers les minorités, politiquement plurielle et intellectuellement brillante à travers notamment la floraison des journaux. Les fascistes s'étaient donnés pour objectif de ramener ces sociétés sur le droit chemin : celui où la nation doit avoir un caractère sacré en tant que valeur suprême de l'ordre politique et où le pouvoir doit développer un État fort capable de faire prévaloir son autorité sur les droits et les libertés des personnes, afin de favoriser l'avènement d'un ordre nouveau dans lequel l'individu sera étroitement intégré dans la collectivité. De là découlait la nécessité de s'unir autour d'un chef susceptible d'être une incarnation de la collectivité et le guide de son destin.

Le but des fascistes était de modifier le cours des sociétés qui commençaient à s'éloigner de la Tradition, s'éloignaient de l'autorité de l'Église, tandis que celle de  la famille se délitait et que celle de la patrie s'était affaiblie après les boucheries de 14-18. Dès leur apparition, les mouvements fascistes avaient l'intention de s'appuyer sur la force pour atteindre leur objectif. Ils avaient un caractère militarisé —"chemises noires", brunes, phalangistes … Ces milices avaient pour mission de mener le combat idéologique à l'intérieur des sociétés pour les domestiquer et les préparer au moment inévitable où le fascisme devait  s'emparer de l'État. "Croire, obéir, combattre"  était la devise de Mussolini.

Le lecteur aura fait les rapprochements avec l'actualité tunisienne. Mais il devra  remplacer le concept de "nation sacrée" par  "oumma" (la communauté des croyants),  et celui d'"État fort", par l' "État de la charia", pour relever toutes les similarités entre l'idéologie fasciste et celle des islamistes, en sachant que le sunnisme est une orthodoxie de masses produite par des ulémas tout ce qu'il y a de plus profanes.
Ce n'est sans doute pas une coïncidence si la confrérie des Frères musulmans est née en Égypte six ans à peine après le triomphe du fascisme en Italie. L'écho de la Révolution russe avait été également très fort dans le monde musulman sous le joug colonial, surtout après l'appel de Lénine à la libération des "peuples de couleur". Pour la première fois, un peuple dominé était venu à bout des deux grandes puissances de l'époque, la Grande-Bretagne et la France! Ce n'était pas rien. Et ce n'était pas un hasard si, en 1929, un docker tunisien du nom de Mohammed Ali el-Hammi, après avoir vécu huit ans dans l'Allemagne de la République de Weimar,  avait fondé la Confédération générale tunisienne du travail (CGTT), donnant le signal d'un combat  anticolonialiste mené par une classe toute nouvelle en Tunisie : celle des salariés.

Les "zoufri" 

Le mot en dialectal tunisien pour dire voyou découle de la contraction d'ouvriers (les z'ouvriers), la langue arabe ne connaissant pas le son "v", remplacé par "f".
Comment expliquer cela?
Le voyou est, aux yeux de la société traditionnelle quelqu'un en rupture de ban. Dans la société musulmane de l'époque,  l'introduction du salariat —venant après le recrutement de soldats pour l'armée française, notamment pour la Première guerre mondiale — était une manifestation concrète d'une modernité affectant directement la cellule familiale. Même la femme commencera son émancipation par le travail salarié, presqu'exclusivement en tant que domestique chez le colon. L'aspect le plus choquant de l'ouvrier, qui en fera un "zoufri" , est probablement le recours à la grève. La société traditionnelle cultive la "hichma", une pudeur qui commande l'intériorisation des sentiments et des états  intimes. Il s'agit d'ailleurs moins de valeurs islamiques que de vertus arabes qui prônent la force d'âme, le contrôle de soi, mais aussi l'amour de tout ce qui est "franc", c'est-à-dire naturel (comprendre fort), contre tout ce qui est artificiel, le monde moderne en somme. Une grève ou une manifestation ouvrière pouvaient être perçues comme des phénomènes nouveaux qui allaient à l'encontre de la "hichma", en tant qu'extériorisations d'une détresse qu'il aurait fallu garder pour soi quand on ne pouvait pas recourir à la force franche, à la révolte naturelle. Par-delà cet aspect psychologique, le salariat pouvait être perçu comme une forme de participation à une économie coloniale qui était en train de laminer l'économie traditionnelle et d'accélérer dramatiquement la paupérisation du pays. De plus, le syndicalisme  en Tunisie, —un phénomène unique dans le monde arabe et africain—, avait éloigné les ouvriers de l'influence des élites traditionnelles pour les ouvrir à des idées nouvelles, à un mode de vie et à un esprit nouveaux et, par le service militaire, les avait emmenés jusqu'en Europe!  Le syndicat les avait aussi lancé dans le combat de libération nationale armés, non du Coran et de la sunna, mais de codes de travail et de conventions salariales à valeur universelle. Ce combat avait rapproché les ouvriers du parti du Néo-Destour de Bourguiba auquel ils avaient fourni son indispensable aile gauche qui combattra l'occupant en retournant contre lui ses propres valeurs : le droit des peuples à l'autonomie, les principes démocratiques  et les droits  des hommes. Sans l'apport du mouvement syndical, le mouvement de libération nationale aurait été emporté par son aile conservatrice à l'idéologie arabo-islamiste,  incarnée par le rival de Bourguiba, Salah Ben Youssef.
Le 8 octobre 1955, réuni en congrès à Sfax, le parti du Néo-Destour avait choisi le premier contre le second. Et qui avait fait pencher la balance en faveur de Bourguiba? C'était l'UGTT et cela dans la ville hautement symbolique de Sfax, capitale d'un Sud qui avait fourni tous ses chefs charismatiques au mouvement syndical, de Mohammed Ali à Habib Achour en passant par Farhat Hached! C'est aussi une ville réputée conservatrice et  éprise de traditions.

Sfax et l'enjeu du Sud

Sfax a la solide réputation d'une métropole dont la population  voue un culte au travail, à l'ordre et à la discipline qui sont aussi des vertus prônées par le fascisme. Mais cette capitale économique ouverte sur les espaces arabe, africain et maghrébin est en même temps une cité industrielle moderne au sort  directement liée aux ressources du bassin minier de Gafsa. Pour les islamistes, Sfax représente donc une sorte de défi. Le berceau du mouvement syndical et son cœur battant devrait revenir aux valeurs strictes de l'islam, selon leurs vues, et de l'arabisme, comme ils l'envisagent. Ils se démènent depuis leur arrivée au pouvoir pour entrainer le Sud dans leur giron. D'où l'intense mobilisation de leurs milices dans cette région  qui est à l'origine de la chute du régime de Ben Ali, avec la mobilisation, dès 2008, des habitants du bassin minier. Des habitants qui continuent à camper l'arme au pied, attendant toujours une réponse à leurs revendications, à l'image du valeureux leader syndical Adnane Hajji qui n'a pas reculé devant les tortionnaires de Ben Ali et qui ne mâche pas aujourd'hui ses mots pour dénoncer l'abandon scandaleux des populations déshéritées du Sud.
 Adnan Hajji

Après l'agression du 4 décembre contre le siège de l'UGTT, Sfax est entrée en grève, ainsi que sa région et les régions de l'intérieur qui souffrent toutes de l'incurie du gouvernement. Cela doit rappeler aux nahdhaouis que la fuite de Ben Ali est survenue le lendemain d'une grève générale à Sfax.
La tendance fasciste en Tunisie n'est pas née avec eux. Elle a commencé à pointer en 1969 lorsque, pour réprimer les grèves étudiantes, le chef du parti destourien de l'époque, Mohammed Sayah, a recruté des dockers pour les lâcher, armés de gourdins, contre les étudiantes et les étudiants de la Faculté des lettres du boulevard du 9 avril. Il fallait, expliquait-il en substance, envoyer le "peuple" donner une leçon à ces "enfants privilégiés, gâtés et irresponsables". Le même Sayah est à l'origine de l'idée de contrer les gauchistes en remettant en selle les islamistes. Il les a aidé à se développer dans le milieu universitaire en y créant leur propre syndicat,  noyau de ce qui sera plus tard leur mouvement politique. Mohamed Mzali est une autre figure fascisante. Son nom est associé à l'arabisation de l'enseignement (notamment celui de la philosophie) qui allait précipiter tout le système éducatif dans une régression dont il n'est pas prêt de sortir (voir ici). Les noms de ces deux hommes sont également associés à des attaques de milices contre les bureaux de l'UGTT et au harcèlement de la direction syndicale qu'ils voulaient tenir au bout d'une laisse en l'épurant de ceux "qui font de la politique"! Après avoir utilisé le mouvement syndical pour arriver à l'indépendance et à la prise de l'État, l'aile droite du parti destourien, sensible, dès le milieu ds années 1970, aux sirènes du libéralisme et de l'"ouverture" économique, avait voulu elle aussi se débarrasser de l'UGTT parce que sa direction freinait des quatre fers contre la libéralisation du secteur public et son ouverture aux capitaux étrangers. C'est ainsi qu'elle réprima au prix de plusieurs dizaines de morts, et avec la participation de l'armée, la première grève générale répondant à l'appel de l'UGTT, le 26 janvier 1978.

L'épurator!

Aujourd'hui, il n'y a pas d'objectif plus puissant aux yeux des islamistes que celui d'assurer leur emprise totale sur l'appareil d'État. Ils sacrifient tout à cette nécessité, négligeant les travaux de l'Assemblée constituante, délaissant les dossiers les plus urgents, suscitant des diversions à la marge pour se donner le temps de désigner leurs hommes aux postes clés. La nomination d'un gouverneur islamiste à Siliana, incompétent comme le sont la plupart les dirigeants islamistes inexpérimentés, a suscité la révolte des habitants de ce gouvernorat de l'intérieur, proche de Sidi Bouzid. Ils attendaient des investissements et des emplois pour se voir imposer un gouverneur soucieux seulement de les mâter. "Il ne partira pas" avait clamé le chef de gouvernement, Mohamed J'bali; "autant me demander de partir"! Les manifestants soutenus par l'UGTT furent sauvagement réprimés par une police armée de gaz lacrymogène, de balles de caoutchouc et… de fusils de chasse. Les populations créèrent la surprise en décidant de marcher sur la capitale, laissant au gouverneur "la garde des murs de la ville et de ses oiseaux dans le ciel"! Le gouvernement paniqué est bien obligé de recourir à L'UGTT pour calmer le jeu, acceptant donc la suspension "temporaire" du gouverneur controversé, mais, aussitôt après les milices d'Ennahdha sont allés casser du syndicaliste sur la place Mohammed Ali. Ce comportement est caractéristique de la tendance fasciste qui domine le mouvement islamiste, et qui est obsédée par la nécessité impérieuse de s'emparer de l'État.  Mais l'État étant un ensemble d'institutions, l'UGTT  est partout présente dans ses rouages et il ne pourrait pas correctement fonctionner sans son assentiment. C'est la raison pour laquelle l'UGTT avait été dès le début la cible principale du gouvernement. Tout avait été fait pour la disqualifier. Profitant d'une grève des éboueurs, les militants islamistes avaient submergé les locaux syndicaux d'immondices un peu partout dans le pays, laissant même  pourrir la situation  pour  monter les Tunisiens contre le syndicat. Comme la situation économique allait en empirant et que  les revendications et les protestations ne cessaient pas,  le gouvernement en imputait régulièrement la responsabilité à l'UGTT,  sans se rendre compte que, ce faisant, il soulignait sa propre irresponsabilité!
Les Tunisiens restant majoritairement unis autour de la centrale syndicale, la dernière trouvaille consiste maintenant à accuser le syndicat de se mêler de politique. Mais l'UGTT est née dans les luttes politiques au sens noble du terme; ce que tous les Tunisiens savent, comme ils savent que le syndicat ne s'est jamais comporté en parti, mais en arbitre entre les partis ou les fractions.
Revenant aux sources du fascisme,  les islamistes accusent désormais les syndicalistes d'être des "communistes". Ghannouchi  réclame "l'épuration" de la direction  syndicale, comme si cela était la prérogative du pouvoir politique! L'imam de la Zitouna a affirmé dans son prêche de vendredi dernier — repris par de nombreux  imams du pays —  que ceux qui participeront à la grève générale seront considérés comme des  "ennemis de l'islam", identifiant ainsi le gouvernement  à la religion ! Cela rappelle fâcheusement la devise nazie : Gott mit uns. Dieu est avec nous!





Aucun commentaire: