20 juin 2013

SOMMET DU G-8 : ISRAËL JUBILE

À l’issue du sommet du G-8 qui vient de s’achever en Irlande du nord les États-Unis et la Russie sont restés sur leurs positions concernant l’affaire syrienne. Les États-Unis continuent à vouloir un changement de régime à Damas et entendent armer les mercenaires. La Russie ne recule pas dans sa défense du respect de la souveraineté nationale, du droit international et de la Charte des Nations Unies.

Autrement dit, les États-Unis, en voulant mettre à bas le régime syrien veulent aussi détruire le droit international. De leur côté, les Russes qui n’ont pas défendu le droit international, malmené dans l’ex-Yougoslavie, l’Irak et la Libye, veulent se rattraper de manière exemplaire. Ou ils réussissent, et le droit international est rétabli. Ou ils échouent et ils auront favorisé le retour de la loi du plus fort.

Qui se trouve derrière les États-Unis au cours de ce G-8 ?.
Il y a quatre puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et le Japon qui sont des nations qui ont toujours bénéficié de la loi du plus fort pour s’emparer de plus faibles qu’elles. L’idéologie colonialiste y reste prégnante. Elle se manifeste par le refus de remettre en cause les pratiques du passé et par le soutien total à la colonisation de la Palestine et à la direction sioniste d’Israël quelle que soit sa couleur politique. L'important est que le plus fort soit celui qui dise le droit.
Le Canada dont la direction actuelle fait de la surenchère en matière de philo-sionisme doit être mis à sa place dans l'arrière cour des États-Unis. Quant à  l’Allemagne,  elle est tenue en raison de son passé nazi à un alignement automatique sur les positions de l’État israélien.
S'agissant des États-Unis eux-mêmes, tout le monde s’accorde pour dire qu’ils ont, avec Obama, le président le plus soumis à l’État sioniste de toute leur histoire.

Nous avons donc eu bien affaire, comme l’a signalé un journal britannique, non pas à un sommet de huit, mais de sept contre un.

Il se pourrait même que ce sommet ait été, en dernière analyse, celui d’Israël contre la Russie. Les sept chefs d’États qui se sont réunis avec Poutine ont pour objectif la destruction de la coalition formée par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah qui est susceptible de faire échec à l’hégémonie d’Israël sur la région, laquelle est celle de l’Occident lui-même. S'agissant du Proche-Orient, il est en effet impossible de dissocier  ces sept États d’Israël : ils ne font qu’un.

Les déclarations du président israélien, Shimon Peres commentant le résultat de ce sommet en livrent d'ailleurs la quintessence.

Sur la décision étasunienne de livrer des armes aux « rebelles », Shimon Peres a exclu l’hypothèse de voir ces armes se retourner contre Israël. Il est bien placé pour le savoir. Depuis la naissance d’Al-Qaïda, jamais aucun « jihadiste » n’a tiré un coup de feu en direction d’Israël ou d’un Israélien parce que leurs sponsors sont la CIA, l’Arabie saoudite et Qatar. Il ajoute, parfaitement hypocrite  :  «  Tous les terroristes paumés du monde se dirigent vers la région, apportant avec eux la honte. Ils tuent le Liban. Ils tuent la Syrie. Ils tuent l’Irak. Là où ils se trouvent, ils mettent en danger les identités arabes ». Autrement dit : ils détruisent les États que l’on veut voir détruits et ils couvrent de honte les Arabes et les musulmans. Nous sommes  gagnants sur tous les tableaux !
Il n’y a donc pas de raison de changer de politique.

Mais le plus intéressant est de le voir se « désoler » devant la tournure internationale prise par l’affaire syrienne :
«  Ce qui est désolant, c’est que la confrontation se transforme de plus en plus en un face-à-face entre deux superpuissances, et il y a une ingérence accrue des forces extérieures. C’est une tragédie ».
Il y a là comme un message subliminal adressé à Poutine, disant en substance : « Vous, président de la Russie, après le bombardement  de la banlieue de Damas par notre armée, vous avez décidé de doter la Syrie de fusées S300 capables de clouer au sol l’aviation israélienne. Et pour quel résultat ? Vous êtes maintenant tout seul contre sept. N’est-ce pas désolant ? Vous avez mis Israël hors jeu, certes, mais, à la place, c’est maintenant l’armée étasunienne — et ses troupes d’élite — qui se trouve à pied d’œuvre en Jordanie avec ses avions et ses missiles ».

9 juin 2013

SYRIE : APRÈS QUSSEIR, LA DÉROUTE





La chute de Qusseir constitue un fait d’armes de toute première importance dans le cadre de la bataille de Syrie, ainsi nommée depuis le début de ce blog tant il était clair dès le départ que la prétendue « révolution syrienne » cachait autre chose : quelque chose qui est l’équivalent de la bataille de Stalingrad et de son rôle décisif pour l’issue de la Deuxième guerre mondiale.
Qusseir est une sorte de Stalingrad local au sein du Stalingrad mondial qu’est la bataille de Syrie. La variété des nationalités impliquées, suggérée par le nombre des tués dont l’identité a pu être confirmée est éloquente à cet égard :
729 Saoudiens
640 moudjahidines khalq (mercenaires iraniens)
489 Égyptiens
439 Tchétchènes
435 Libanais
301 Afghans
291 Pakistanais
263 Libyens
208 Irakiens
288 Russes (probablement originaires du Caucase)
167 Turcs
129 Jordaniens
117 Somaliens
109 Koweitiens
77 Français d’origine syrienne
67 Allemands d’origine syrienne
67 Britanniques
62 Tunisiens
55 Indonésiens
53 Algériens
52 Yéménites
45 Belges
40 Ouzbecks
34 Étasuniens d’origine syrienne
30 Kosovars
21 Azarbaidjanais
19 Qataris
17 Français d’origine non syrienne…
Et d’autres tués originaire de Trinidad et Tobago (4), de Finlande (5), du Burkina Faso (4), de Lituanie (1), d’Argentine (26), de Malte, mais Libanais d'origine (13), de Mauritanie (7), du Surinam (6), de Sierra Leone, Libanais d’origine (5) et même une Étasunienne pur jus.

82 nationalités en tout. Mais la majorité des tués sont Syriens et leur nombre n'a pas été communiqué. Les autorités syriennes ont également identifiés 5023 Saoudiens portés disparus (dont on n’est plus sans nouvelles depuis au moins six mois) sur un total de 17 000 disparus identifiés. Elles rappellent à cet égard que les bandes armées wahhabites brûlent — quant elles le peuvent — les cadavres de leurs tués pour rendre leur identification impossible. La majorité des victimes carbonisées seraient d’origine tunisienne et libyenne; les victimes saoudiennes étant quant à elles enterrées sur le champ.

Ces chiffres et ces indications donnent une idée de ce que Qusseir représentait. C'était un camp retranché de tous les ennemis de la Syrie où ils avaient édifié une cité souterraine reliée à la campagne et au Liban par des tunnels. Ces travaux du génie suggèrent une préparation antérieure au déclenchement de la « révolution », en mars 2011. Dans cette cité, s'affairaient les commandos d'élite des armées étasunienne, israélienne, française, britannique, turque… dotés des armes et équipements électroniques les plus sophistiqués, chargés d'actions de sabotage, de renseignement, de minage, etc.

Située sur la route entre Damas et le littoral méditerranéen et à quelques kilomètres du nord Liban à majorité sunnite, l’occupation de Qusseir coupait l’intérieur de la Syrie de la côte méditerranéenne et barrait la voie par laquelle transitaient les armes au profit du Hezbollah libanais. Cette place forte prenait de revers la résistance libanaise (le Hezbollah), pris en tenailles entre Qusseir, le Liban du nord et Israël. Elle coupait la Syrie en deux, séparant l’intérieur de la Méditerranée (et de la base russe de Tartous), de sorte que Damas se trouvait également prise en tenailles entre le sud jordano-irakien sunnite, l’est israélien et le nord libano-turc sunnite.

Les sunnites sont le vivier dans lequel les wahhabites saoudiens et qataris puisent leurs armées de tueurs et les mettent à la disposition de la CIA là où il s’agit de défendre les intérêts étasuniens et sionistes. Le nombre des nationalités des combattants tués à Qusseir donne à cet égard une idée de l’étendue géographique de ce vivier. Cela à de quoi faire réfléchir les élites occidentales qui jouent avec le feu terroriste. Mais cela ne doit pas faire oublier un fait capital généralement passé sous silence par les medias hostiles à la Syrie : la majorité des recrues de l’armée arabe syrienne (A.A.S.) est sunnite. De même que les combattants dépêchés par le Hezbollah à Qusseir pour prêter main forte à l‘A.A.S. sont sunnites et chrétiens, et cela dans le but de ne pas prêter le flanc aux tentatives de présenter la guerre en Syrie pour un conflit de nature confessionnelle.

L’ampleur de la défaite des amis des bandes armées qui sévissent en Syrie n’a d’égale que leurs gesticulations insensées à l’Onu où l’on a activé en désespoir de cause le comité des droits de l’homme qui s’est encore déjugé en « condamnant » etc. etc. À Washington on a « exigé » etc. etc.. Au sein de l’obscène Ligue arabe — qui n’a eu de cesse d’appeler à intervenir en hommes et en armes pour détruire la Syrie —, on a « condamné ». Les cheikhs sataniques, experts en fetwa, saoudien et égypto-qataris ont décidé que les chiites sont les pires ennemis de leur islam, pire même que les "juifs". Ce qui a convaincu leurs adeptes que les chiites peuvent être donnés en pâture pour les chiens.

Page Facebook : Ne nous agressez pas si vous ne voulez pas devenir une pâtée pour les chiens. Sur la boîte: Viande chiite apprêtées pour les chiens, fabriquée à Qusseir

Les directions française et britannique ont remis sur le tapis le prétexte éventé des armes de destruction massive (chimiques) en affirmant avoir des preuves de leur utilisation en Syrie, et ce dans l'espoir de pousser à une intervention du type de l’Otan en Libye. Ce qui fait s’interroger sur le sérieux d’une telle posture aux yeux de toute personne sensée qui sait qu’une telle intervention déboucherait à coup sûr sur un conflit mondial. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Étasuniens freinent des quatre fers et ne se déclarent pas convaincus par les « preuves » envoyés par Paris et Londres. Quant à la Turquie, sa direction est dans la position de l’arroseur arrosé. Après avoir tout fait pour alimenter le feu en Syrie, l'incendie s'est déclaré à demeure. Toutes les grandes villes se sont soulevées contre Erdogan, sa dictature policière et son rêve de restaurer le Khalifat. La mobilisation enclenchée risque de durer. Si l’on prend en compte les réactions de ses alliés de l’Otan qui ont tous condamné la répression policière des manifestants, on peut même envisager un retournement occidental possible qui consisterait en l’abandon de la « carte » de l’islamisme politique dans la perspective d’une victoire finale de l’axe de la résistance qui va de l’Iran au Liban en passant par l’Irak, dont la Syrie est le maillon central.

En attendant ce retour à la sagesse, un bras de fer se prépare pour l'instant dans le cadre des préparatifs de la conférence de Genève que les Étasuniens ont accepté, contraints et forcés, comme la seule issue possible à la bataille de Syrie. Ce qui confirme son importance internationale qui n'a rien à voir avec la "démocratie", les "droits de l'homme" et le "printemps arabe". Leurs alliés français et britanniques rechignent, mais ils seront bien obligés de suivre.
Ayant perdu la mise à Qusseir, les Étasuniens se sont rabattus sur la Jordanie qu'ils sont en passe d'occuper militairement avec l'envoi de Marines par centaines, d'une flottille d'avions F16 et de missiles Patriot. Ainsi continuent-ils à fortifier le camp de leurs alliés et obligés : Israël, Turquie et Jordanie.
À cela deux raisons. La première réside dans l'impossibilité de compter sur les armées turque et jordanienne. La Turquie engagerait en effet l'Otan et cela enclencherait une guerre mondiale. L'armée jordanienne n'est pas fiable car le peuple jordanien est majoritairement pro-syrien par nationalisme arabe, sans compter que cette armée, même si elle le voulait, n'est pas de taille à affronter l'A.A.S.
La seconde raison, liée à la première, réside dans la crainte de voir la guerre de Syrie déborder de ses frontières; ce qu'elle a commencé à faire au Liban dès le lendemain de la chute de Qusseir avec les tentatives de pousser la ville sunnite de Tripoli dans la bataille contre les chiites, tandis que des obus étaient tirés sur la banlieue sud de Beyrouth peuplée de chiites. Mais au Liban l'armée est vigoureusement intervenue pour s'interposer et menacer de sévir contre tous les fauteurs de guerre confessionnelle. Les États-Unis sont également intervenus pour calmer les ardeurs belliqueuses de Riyad qui voulait en découdre avec le Hezbollah en lançant contre lui ses meutes de loups salafistes libanais. À Tripoli, on a découvert des caches contenant d'impressionnants arsenaux.
Tout cela prouve que Washington est désormais dans une logique consistant à empêcher le feu syrien de se propager et de sauver ce qui peut l'être, à commencer par Israël, l'unique sujet de ses préoccupations. 

La meilleure défense étant l'attaque, les États-Unis sont bien obligés de prêter une oreille attentive à l'engagement du président syrien, Bachar el-Assad, de transformer la Syrie en un foyer de résistance populaire armée contre Israël, en ouvrant notamment le front du Golan. Un grand retournement stratégique s'est produit. La Syrie ravagée n'a en effet plus rien à perdre. Son armée endurcie par deux ans de combats d'une rare violence, équipée par la Russie et alliée au Hezbollah n'a plus rien à craindre. Passer de la défensive à l'offensive devient pour ainsi dire une nécessité pour que la peur change de camp. Et c'est ce qui commence à se vérifier.
L'État sioniste  est désormais sur la défensive après avoir fait la bêtise de bombarder la banlieue de Damas entraînant la décision russe de fournir à l'A.A.S., qui fait désormais figure de champion, toutes les armes dont elle a besoin pour faire de  la Syrie un bastion imprenable de l'extérieur.
L'issue de la bataille intérieure reste donc déterminante. Dans cette perspectives, les forces armées syriennes sont déployées en conséquence pour poursuivre l'extermination des bandes armées, notamment d'Alep et de ses alentours. Elle sont fortes, désormais, du succès remporté à Qusseir et du coup porté au moral de ses adversaires et à leurs pourvoyeurs du Golfe. Ces derniers, qui sentent leur heure arriver, veulent risquer le tout pour le tout en brandissant l'étendard de la guerre confessionnelle, mais ils ne pourront rameuter  que les fous.